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La plus simple des histoires peut être élevée par un jeu d’acteur et une mise en scène de premier ordre. Considérez « Mademoiselle Chambon » de Stéphane Brize, un film français qui atteint un impact subtil mais dévastateur. Il raconte une histoire familière d’une romance extraconjugale, mais ce qui la rend inhabituelle, en particulier parmi les films français, c’est que le couple passe la majeure partie du film à se battre plutôt que de céder à leur attraction. Considérez-le comme une  » brève rencontre « , un autre classique romantique refoulé avec beaucoup de musique classique sur la bande originale. Le film gagnera de bonnes critiques partout où il sera diffusé, mais compte tenu de son rythme délibéré, cela pourrait ne pas suffire à captiver un public américain agité.

Jean (Vincent Lindon) est un ouvrier du bâtiment marié à Anne-Marie (Aurore Atika). Mais lorsqu’il rencontre la maîtresse de son fils, Mademoiselle Véronique Chambon (Sandrine Kiberlain), tout son univers est bouleversé. Le professeur est aussi violoniste, et quand Jean l’entend jouer, il est enchanté. La fragile et éthérée Véronique est assez différente de sa femme terreuse, et Jean a une masculinité robuste qui intrigue évidemment l’instituteur protégé. Jean et Véronique résistent tous deux à l’attraction, surtout lorsque Jean apprend que sa femme attend un deuxième enfant. Brisée par son rejet apparent, Véronique décide de quitter la ville, ce qui amène le triangle romantique à son paroxysme.

Brize privilégie les compositions statiques impliquant de très longues prises, et bien qu’un style aussi mesuré puisse souvent être mortel,  » Chambon  » est fascinant. C’est en partie à cause de touches nettes et inattendues dans l’écriture. (L’adaptation du roman d’Eric Holder est de Brize et Florence Vignon.) Tous les personnages sortent du stéréotype. Le Jean apparemment macho se révèle avoir un côté doux et hésitant qui ne fait que le rendre plus attrayant. Il est dévoué à son père vieillissant, et dans une scène pleine d’humour délicat, le père et le fils visitent un salon funéraire pour effectuer un paiement anticipé sur le cercueil du père.

En plus d’une écriture imprévisible, le film est sublimé par des performances parfaitement modulées de tous les acteurs, dont Arthur Le Houerou en jeune fils curieux de Jean. Bon nombre des meilleurs moments dépendent des réactions tacites capturées par la caméra éloquente de Brize. Lorsque Jean invite Véronique à jouer une pièce d’Elgar lors de la fête d’anniversaire de son père, il reste figé et ébranlé par sa performance ; le film passe ensuite à un gros plan de la femme de Jean qui l’observe, et elle reconnaît la menace qui pèse sur son mariage juste dans ces quelques instants de silence ravi.

Au fur et à mesure que les relations évoluent vers une résolution, la tension monte de manière experte. La séquence finale dans une gare bénéficie d’un superbe montage. À la fin de ce film modeste mais convaincant, les téléspectateurs sont susceptibles de se sentir à la fois épuisés et profondément satisfaits.

Lieu : COLCOA (Lorber Films)

Production : TS Productions

Acteurs : Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Aure Atika, Jean-Marc Thibault, Arthur Le Houerou

Réalisateur : Stéphane Brize

Scénaristes : Stéphane Brize, Florence Vignon

D’après le roman de : Eric Holder

Producteurs : Gilles Sacuto, Milena Poylo

Antoine Heberle

Musique : Ange Ghinozzi

Créatrice des costumes : Ann Dunsford

Éditeur : Anne Klotz

Pas de notation, 101 minutes

Mademoiselle Chambon — Critique du film – The Hollywood Reporter

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