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Je t’aime moi non plus. Tout le monde connaît, sur le quai Rauba Capeu, la structure 3D et colorée qui trône à quelques encablures de la promenade des Anglais, en lettres géantes : « I love Nice ». Si elle est la star des selfies, certains voudraient tout simplement la voir disparaître. La justice a été saisie. Une ville du Var est aussi visée.

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Et si le fameux « I love Nice » devenait « J’aime Nice » ? c’est en tout cas ce que demande très précisément l’Observatoire des libertés qui milite pour la protection de la langue française : »on a déjà fait changer la communication de la Tour Eiffel alors pourquoi pas la Ville de Nice », explique avec gourmandise le président de cette association du Puy-de-Dôme, Louis Maisonneuve.

Car le cheval de bataille de l’observatoire des libertés est un strict respect d’une loi qui date de 1994 et qui interdit l’utilisation de la langue de Shakespeare pour les marques de fabrique, de commerce ou de services dès qu’il existe un mot français. « ‘J’aime Nice’ ça existe en français », précise Louis Maisonneuve.

On pourra évidemment s’amuser de la réaction de l’association composée de 70 membres jusqu’alors assez discrète. Sauf que là, ils ont sorti l’artillerie lourde : pas moins de 11 procédures visant des villes qui ne jouaient pas le jeu, Nice bien sûr, mais aussi Paris ou plus proche de nous, Saint-Tropez.

« On a gagné un combat contre le Mucem de Marseille on a fait supprimer le ‘I love Roubaix’ et on a bon espoir de gagner contre Nice », martèle le défenseur de la langue de Molière. »

Sur Twitter un début de polémique est né. Et les messages contre les anglicismes fleurissent.

C’est en 2021 que la Ville de Nice a pour la première fois reçu un courrier de l’observatoire des libertés demandant à la mairie de changer ce qu’ils appellent un slogan qui apparaît d’ailleurs sur tous les éléments de communication de la mairie. « Inacceptable » selon Louis Maisonneuve.

C’est scandaleux de nous montrer du doigt !

Louis Maisonneuve, président de l’observatoire des libertés

Interrogé, le principal visé, Christian Estrosi, n’a pas de mot pour qualifier l’action en cours : « cette espèce d’association qui veut lutter contre cela aura cher à payer car nous lutterons contre eux. »

Et de justifier : « ce sont les Anglais qui ont fait de Nice la première cité estivale, grâce à eux nous avons un passé inestimable grâce à eux. »

Ce à quoi répond l’observatoire : « c’est scandaleux de nous pointer du doigt, on veut le respect d’une loi à travers les établissements publics et pas que l’anglo-américain soit partout ».

En attendant, la structure, objet de toutes les attentions est plutôt très appréciée des touristes qui, interrogés, reconnus que « I love Nice » est plus international que « J’aime Nice ». Les Niçois que nous avons rencontrés disent pour certains que la version française a un petit côté romantique.

L’installation s’est aussi parée des couleurs de l’OGC Nice, le club de football de la ville, pour la précédente finale de Coupe de France.

En Côte d’Azur, d’autres mairies ont eu à subir les foudres de l’observatoire des libertés. A savoir, celle de Saint-Tropez, pointée du doigt à travers notamment le musée de l’Annonciade dont la communication serait trop anglophone.

Interrogée, la mairie se dit prête à, si l’on peut dire, obtempérer : « la ville doit se mettre en conformité nous précise-t-on. On va modifier les panneaux qui sont déjà en français et en anglais pour ajouter une langue, sans doute l’espagnol. »

Et de préciser que « toutes les expositions respecteront la loi Toubon ».

Reste à savoir ce que décidera la justice pour la dizaine d’affaires dont elle est saisie, ce sera aux tribunaux administratifs de trancher. Certaines municipalités estiment, en effet, que s’agissant de messages en anglais, mais, adossées à des œuvres artistiques, la loi Toubon ne s’appliquerait pas.

Dans les Alpes-Maritimes, tout le monde ne dit pas "I love Nice"

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